
RÉCIT EN LUMIÈRE
Les Ailes de l’Ombre
Certaines nuits ne rendent pas les morts.
Elles leur prêtent seulement des ailes.
Elle est apparue sans bruit.
D’abord une silhouette, immobile dans le noir.
Puis la lumière a glissé sur son visage, sur sa peau, sur cette étoffe immense qui s’ouvrait autour d’elle comme les ailes d’un oiseau nocturne.
On aurait pu croire à un ange.
Mais les anges ne reviennent pas ainsi.
Le corbeau n’était nulle part.
Et pourtant, il était partout.
Dans le noir autour d’elle.
Dans son regard.
Dans cette impression étrange que quelqu’un était revenu de très loin, guidé par un amour qui n’avait pas su mourir.
Elle ne souriait pas.
Elle n’en avait pas besoin.
Comme ces personnages que la nuit refuse d’effacer, Vaunt semblait porter avec elle le souvenir d’une autre existence.
Une présence sombre, fragile et magnifique, revenue quelques instants sous les projecteurs.
Puis elle a déployé ses ailes.
Le temps d’un éclair, l’ombre est devenue lumière.
Et lorsque les flashes se sont tus,
il ne restait plus que le noir.
Et quelques plumes imaginaires sur le sol du studio.
